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C’est chaotique

Le chaos est l’inverse du désordre, puisque c’est  un système auto-organisé et déterministe

Ce qui nous fait peur dans le chaos, c’est qu’il n’est pas prévisible : c’est un phénomène non-linéaire.

Le scientifique français Henri Poincaré est le découvreur de la théorie du chaos en 1900.

Lorentz  l’a rendu populaire: « Le battement d’ailes d’un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? »

Si on transpose cette découverte de Claude Bernard (père de la médecine expérimentale) à la posturologie :

La biomécanique du corps (homéostasie) est régie par des réactions multisensorielles (phénomènes complexes) inconscientes (automatiques). Ce sont les minimes fluctuations (limites étroites) du tonus musculaire qui maintiennent la stabilité globale (condition interne à peu près constante).

 

On parle ici de perturbations tellement minimes que, jusqu’ici, elles étaient admises (par la plupart des cliniciens) comme faisant partie d’un écart type NEGLIGEABLE. On parle donc de phénomènes qui jusqu’ici étaient jugés comme négligeables.

Cette négligence était nécessaire pour cacher les mécanismes chaotiques qui mettaient à mal toute tentative d’étude linéaire classique : où il y a une obligation d’un rapport de proportionnalité entre et une cause et sa conséquence.

Exemple : pour simplifier les calculs, l’influence des frottements de la dynamique des masses a toujours été admise comme négligeable alors que dans les sciences actuelles (mécanique non-linéaires) elle joue un rôle fondamental : à masse identique, une plume ne tombe pas à la même vitesse qu’une boule !

Les constructions peuvent être sujet à des phénomènes non-linéaires provoqués par des causes apparemment anodines (vent) .

Maintenant que les ingénieurs ont compris le phénomène, ils ont changé leurs méthodes de construction.

Lorsqu’on connaît le fonctionnement particulièrement non-linéaire des réactions nerveuses, il va de soi que cette notion s’applique tout particulièrement à la compréhension de la biomécanique humaine.

JB Baron (1955) fut un précurseur dans ce domaine : avec une minime fluctuation de la proprioception oculaire, il modifiait de manière très importante la posture et le déplacement. Lorsque la fluctuation dépassait un certain seuil, la modification posturale n’existait plus. Donc, seules les fluctuations minimales peuvent jouer un rôle dans le contrôle postural.

Pour les prismes posturaux, cela a été confirmé.

Pour les semelles, il a déjà été démontré que les stimulations podales de faible épaisseur (3 millimètres) modulent le tonus postural.

Si on rassemble l’activité des tous les capteurs posturaux et l’interaction de leurs ajustements minimes, mutuels et incessants, on commence à comprendre pourquoi, alors, on parle de système chaotique.

Stabilométrie : outil du 21è siècle mesurant l'homéostasie biomécanique

La stabilométrie, qui fait partie des outils majeurs utilisés en laboratoire de recherche sur la posture, est un très bon exemple de l’étude des phénomènes chaotiques.

Le centre de pression qui permet au corps de tenir debout sans tomber se déplace sur une surface extrêmement petite (1cm2).

Bien que sa position moyenne soit constante (déterministe : attracteur), il a un déplacement totalement imprévisible (chaotique).

C’est une parfaite expression de l’homéostasie décrite 150 ans avant par C. Bernard.

Cet outil est utilisé par la médecine actuelle pour comprendre, prévenir et traiter les troubles biomécaniques des patients.